Bilan du Dernier Séjour

Les premiers voyages avaient permis à Danièle et Marina de mieux constater et comprendre les enjeux de l’école de Djarama.

Grâce à une observation de la vie en classe et une écoute attentive des ressentis des instituteurs comme des enfants, elles ont pu mettre en place une nouvelle organisation inspirée des les principes Montessori.

Lors du séjour précédent (du 8 avril au 2 mai), Pamela a rejoint l’équipe de la Caravane de Dune, une nouveau trio de choc !

Quels étaient les objectifs de ce séjour ?

  • Rencontrer la nouvelle directrice, Sabine, pour faire le bilan depuis la dernière mission et décider des objectifs futurs.
  • Ramener du matériel pour les ateliers autonomes; pour la vie pratique mais aussi le sensoriel, les maths et le langage (En tout 70kg de matériel !)
  • S’assurer de la bonne utilisation du matériel déjà sur place
  • Prolonger l’observation de la vie en classe
  • Renforcer la formation des éducateurs-trices

Le constat :

Danièle et Pamela ont pu constater  dès la première semaine que les écarts d’âge dans les classes et les difficultés qu’ils engendrent pour les éducatrices Nganti et Yacine ;

Les classes de maternelle et CP sont constitués d’enfants de 3 à 9 ans, à cela s’ajoutant le fait que certains enfants découvrent le français.

Très rapidement, les éducatrices, Danièle et Pamela ont travaillé sur une réorganisation des classes, plus adaptée à l’hétérogénéité des classes.
Les enfants comme les éducateurs ont été sensibilisés à nouveau sur la manipulation du matériel Montessori, l’importance d’une classe bien rangée, (pour que tout le monde s’y retrouve !).

Les ateliers autonomes, tout niveaux de classe confondu, sont complexes à mettre en place pour les éducateurs, compte tenu de l’écart de l’âge des enfants et de leur différence de niveau dans une même classe.

Lorsque Marina a rejoint l’équipe lors de la troisième semaine, un travail de longue haleine a été fourni par toute l’équipe de l’école :

  • prise de parole des éducateurs sur l’année passée
  • évaluation des pratiques de chacun
  • analyse de la cohésion en classe.

Suite à ce brainstorming, les fondements et les bienfaits des ateliers autonomes ont été rappelés en précisant l’importance d’observer chacun des élèves et ainsi de mettre en place des ateliers autonomes permettant de respecter le rythme  de chaque élève, mais aussi une ambiance de classe plus sereine, favorisant la concentration.

Le résultat est bien là ! Danièle, Pamela et Marina ont pu constater un réel progrès des enfants, une soif d’apprendre et une joie de se rendre à l’école tous les matins !

Désormais, grâce à la formation au nouveau matériel et au remodelage des classes, les éducateurs de Djarama ont toutes les clés en main pour bien terminer cette année scolaire et bien commencer la prochaine !

Nous mettons tout en place pour que l’équipe de Caravane de Dune puisse être au rendez-vous la rentrée prochaine en Octobre.  Il est important de compléter le matériel pour les deux nouvelles classes, continuer de former les éducateurs en place et former les nouveaux arrivants, le tout pour le plus grand bonheur des enfants !

16 Juin: Journée Mondiale de l’enfant Africain

Le cri du coeur de Patricia qui avec son spectacle “Petit bout de Bois”  raconte l’histoire des petits Taillés confiés au Marabouts qui les utilisent pour mendier au lieu de les éduquer ! Elle interpelle le gouvernement du Sénégal pour qu’il agisse contre ce marché qui rapporterait 10 milliards par an… 

Découvrez les Teaser de son spectacle aussi poétique que dramatique et donc cri du coeur lors de la représentation du 16 juin !

https://www.facebook.com/DjaramaDakar/videos/870579646621069/

 

 

Je sème et je récolte

Ce matin nous avons rendez-vous avec Monsieur Amadou Bocar Diouf au poulailler. Dans un hangar, 200 poulets de « chair » nourris au grain et dans un autre des canards et des poules bio, élevés en plein air et nourris aussi au grain.

Amadou nous a expliqué et montré comment tuer le poulet, le vider, le plumer et l’emballer pour la livraison dans les hôtels alentour.

Nous avons visité son verger : citronniers, pamplemoussiers, pommes cannelle et corossols.

Il a ensuite attelé Etoile à la charrette et nous sommes parties pour la ferme des 4 chemins qui pratique l’agroécologie et les produits bio. Ce sont deux Françaises qui sont à l’origine du projet. Elles ont financé l’installation de cette ferme et rémunèrent les employés. Elles ont également mis en place un jardin communautaire pour les femmes du village de Toubab Dialaw qui se situe en face de la ferme. Elles leur fournissent les semences et l’eau, ainsi elles sont autonomes et peuvent vendre leur production et nourrir leur famille. Elles ont un statut social.

Dans la ferme de 1.6 hectares, il y a plusieurs secteurs : le verger, le potager, herbes aromatiques, herbes médicinales disposées en forme de mandala, un coin pour les semences et un laboratoire.

Quatre employés y travaillent et forment des étudiants sénégalais tout au long de l’année. Les labours sont faits soit à la main ou avec un cheval. Les produits peuvent être achetés sur place et/ou préparer en panier et/ou vendus sur le marché de Toubab.

Nous avons été subjugués par la beauté de cette ferme, ouverte que depuis 4 ans et déjà en pleine activité rentable.

Nous avons été ravies de constater à quel point les initiatives diverses et variées s’implantent un peu partout autour de Toubab Dialaw en pleine brousse.

Bamba, le doux rêveur humaniste

Nous sommes allées ce matin à la rencontre de Sabine devant le baobab en direction de Popenguine, où nous étions attendues par Bamba, le directeur fondateur de l’école internationale.

Nous avons longuement discuté de l’éducation dans le sens large du terme et partagé les expériences des uns et des autres.

Fondée en 2015 et pensée depuis 2007 par Bamba, l’école pousse au milieu de la brousse et les premières classes accueillent 17 enfants du niveau collège, 6ème,5èmeet 4ème. Les enfants étudient aussi bien les langues (arabe, anglais, espagnol), le français, la musique, les arts plastiques, l’environnement et les sciences (maths, svt, astronomie) ; l’accent est particulièrement mis sur l’informatique avec la découverte du codage logo, du montage et démontage d’ordinateurs, et création de programmes.

La philosophie de cette école se résume en une phrase « can do » :  je peux faire. L’école s’appuie sur la pédagogie active, la responsabilité de chacun, l’entraide, le respect et la vie en communauté car le quotidien est partagé entre les élèves et les professeurs. Bamba nous a expliqué combien il a été influencé par David Boilat, fondateur du 1erétablissement secondaire en 1848 à Saint Louis, sa ville natale.

Bamba ouvrira 2 nouvelles classes Cours préparatoire et cours intermédiaire l’année prochaine, puis dans un futur proche aimerait accueillir en internat les enfants demeurants loin.

Pour plus d’autonomie, des panneaux solaires fournissent l’électricité de toute l’école et un verger a été planté de plusieurs centaines d’arbres fruitiers, citrons et pamplemousses, et des légumes.

Bamba édifie son projet brique par brique dans le partage de ses connaissances, de ses valeurs et de sa façon d’être avec toute son équipe. Il se dégage beaucoup de douceur et d’humanité chez lui.

Sabine est en contact avec Bamba pour permettre aux enfants de Djarama de poursuivre leur cursus scolaire dans cet établissement qui correspond à la philosophie et aux valeurs de leur école.

Ce soir, nous sommes invitées par l’équipe de Djarama, pour un dîner d’aurevoir.

 

Farniente

Ce matin, lever tout en douceur, c’est notre jour de congé !

La journée se passe à lézarder dans le calme et la volupté.

Petite trempette matinale dans la mer pour Paméla et moi, ballade dans le village et arrêt à Sobo Bade pour un jus de bouye délicieux et repos dans les hamacs au milieu du style rococo du lieu.

De retour à la maison, Ndeye nous a préparé un grand plat de crevettes à l’ail avec du riz et des légumes frais.

En fin de journée, nous nous installons dans une gargote devant la mer. Un monde incroyable s’y trouve dans une joyeuse cacophonie : tournoi de foot des filles.

Nous profitons de l’instant pour envoyer quelques messages.

Bess Bou Moudiou – Dernier jour

C’est notre dernière journée à Djarama, il s’agit donc d’être efficace car il faut finaliser la réorganisation des classes et faire plusieurs présentations de matériel.

Il est convenu que Danièle commence à présenter certains matériels au groupe des professeurs pendant que Paméla et moi terminons dans les classes. Ensuite, nous alternons, et c’est à moi de présenter du matériel des 6/10 ans. Nous terminons notre course entre les différentes classes à 13h30.

Déjeuner à Djarama le midi et nous rentrons sous une chaleur accablante qui nous paralyse quelque peu. Sieste pour toutes puis nous recevons Sabine et Affidi vers 17h pour un debriefing et faire le bilan du séjour.

Et voguent les pirogues,

 

Nous assistons au lever du soleil sur la mer, au loin un homme commence à faire son jogging, le jour se lève et les pirogues voguent en lançant leurs filets.

Retour à l’école où nous poursuivons l’installation des classes de Gaby, Yacine et Nganti. Il reste encore beaucoup à faire et nous repoussons la présentation du matériel Montessori à samedi.

C’est en passant toutes ces journées ici à Djarama que nous nous rendons compte à quel point l’organisation et la préparation d’une classe sont nécessaires pour une bonne utilisation du matériel et qui permettra la mise en place du travail autonome. Chaque matériel doit être à sa place accompagné de tous les outils nécessaires pour son utilisation.

Les heures passent à toute vitesse et nous sentons s’installer en nous une certaine frustration car il reste tant à faire…

A 13h30, nous devons arrêter de travailler car nous déjeunons avec Alessandro, Olivier, Sabine, Zeno et Sidonie. Nous passons un très agréable moment, plaisant et convivial. A 14h30, retour à la maison ; nous discutons un long moment pour faire le point de la semaine passée et faisons nos devoirs, Mame Mbodj et Ndeye nous aident à trier et tailler une centaine de crayon de couleurs !

Petit à petit l’oiseau fait son nid …

Arrivées à Djarama   l’équipe pédagogique nous attend et une nouvelle personne, Saliha, éducatrice spécialisée se greffe au groupe. Elle est intervenue à plusieurs reprises dans son parcours professionnel auprès des enfants défavorisés, maltraités ou enfants des rues, au Congo, en Roumanie puis au Sénégal.

Nous commençons par un tour de table pour que chacun puisse s’exprimer sur les notions vues depuis deux jours. En particulier, nous réabordons les questions sur l’harmonisation dans les classes et l’ambiance, le rôle de l’éducateur et l’importance des échanges interclasses. Nous nous appuyons bien sûr sur notre expérience mais aussi sur le livre de Philippe Meirieu « Maria Montessori : peut-on apprendre à être autonome ? ».

Les échanges sont plus spontanés, plus libres et riches. Avec Alain et Amy de l’école internationale de Popenguine, d’autres points de vue sont abordés et plus largement sur le développement de l’enfant. Nous découvrons avec beaucoup d’intérêt leur approche de l’autonomie grâce à la participation des élèves et des professeurs à certaines tâches quotidiennes de leur l’école. Affidi nous rejoint en cours de séance et participe au débat.

Nous déjeunons tous ensemble pour répondre à l’invitation d’Alexandro et l’équipe de Djarama. Au menu, délicieux thiéboudienne. Le repas est toujours aussi chaleureux et convivial autour du plat, le « bol ».

Il fait une chaleur accablante et rentrons faire une petite sieste puis Brain storming sur notre session du matin et préparation de notre intervention de demain.

Ce soir, spaghettis au calamars préparés avec amour par Ndeye et arrivée d’Amadou.