Je sème et je récolte

Ce matin nous avons rendez-vous avec Monsieur Amadou Bocar Diouf au poulailler. Dans un hangar, 200 poulets de « chair » nourris au grain et dans un autre des canards et des poules bio, élevés en plein air et nourris aussi au grain.

Amadou nous a expliqué et montré comment tuer le poulet, le vider, le plumer et l’emballer pour la livraison dans les hôtels alentour.

Nous avons visité son verger : citronniers, pamplemoussiers, pommes cannelle et corossols.

Il a ensuite attelé Etoile à la charrette et nous sommes parties pour la ferme des 4 chemins qui pratique l’agroécologie et les produits bio. Ce sont deux Françaises qui sont à l’origine du projet. Elles ont financé l’installation de cette ferme et rémunèrent les employés. Elles ont également mis en place un jardin communautaire pour les femmes du village de Toubab Dialaw qui se situe en face de la ferme. Elles leur fournissent les semences et l’eau, ainsi elles sont autonomes et peuvent vendre leur production et nourrir leur famille. Elles ont un statut social.

Dans la ferme de 1.6 hectares, il y a plusieurs secteurs : le verger, le potager, herbes aromatiques, herbes médicinales disposées en forme de mandala, un coin pour les semences et un laboratoire.

Quatre employés y travaillent et forment des étudiants sénégalais tout au long de l’année. Les labours sont faits soit à la main ou avec un cheval. Les produits peuvent être achetés sur place et/ou préparer en panier et/ou vendus sur le marché de Toubab.

Nous avons été subjugués par la beauté de cette ferme, ouverte que depuis 4 ans et déjà en pleine activité rentable.

Nous avons été ravies de constater à quel point les initiatives diverses et variées s’implantent un peu partout autour de Toubab Dialaw en pleine brousse.

Bamba, le doux rêveur humaniste

Nous sommes allées ce matin à la rencontre de Sabine devant le baobab en direction de Popenguine, où nous étions attendues par Bamba, le directeur fondateur de l’école internationale.

Nous avons longuement discuté de l’éducation dans le sens large du terme et partagé les expériences des uns et des autres.

Fondée en 2015 et pensée depuis 2007 par Bamba, l’école pousse au milieu de la brousse et les premières classes accueillent 17 enfants du niveau collège, 6ème,5èmeet 4ème. Les enfants étudient aussi bien les langues (arabe, anglais, espagnol), le français, la musique, les arts plastiques, l’environnement et les sciences (maths, svt, astronomie) ; l’accent est particulièrement mis sur l’informatique avec la découverte du codage logo, du montage et démontage d’ordinateurs, et création de programmes.

La philosophie de cette école se résume en une phrase « can do » :  je peux faire. L’école s’appuie sur la pédagogie active, la responsabilité de chacun, l’entraide, le respect et la vie en communauté car le quotidien est partagé entre les élèves et les professeurs. Bamba nous a expliqué combien il a été influencé par David Boilat, fondateur du 1erétablissement secondaire en 1848 à Saint Louis, sa ville natale.

Bamba ouvrira 2 nouvelles classes Cours préparatoire et cours intermédiaire l’année prochaine, puis dans un futur proche aimerait accueillir en internat les enfants demeurants loin.

Pour plus d’autonomie, des panneaux solaires fournissent l’électricité de toute l’école et un verger a été planté de plusieurs centaines d’arbres fruitiers, citrons et pamplemousses, et des légumes.

Bamba édifie son projet brique par brique dans le partage de ses connaissances, de ses valeurs et de sa façon d’être avec toute son équipe. Il se dégage beaucoup de douceur et d’humanité chez lui.

Sabine est en contact avec Bamba pour permettre aux enfants de Djarama de poursuivre leur cursus scolaire dans cet établissement qui correspond à la philosophie et aux valeurs de leur école.

Ce soir, nous sommes invitées par l’équipe de Djarama, pour un dîner d’aurevoir.

 

Farniente

Ce matin, lever tout en douceur, c’est notre jour de congé !

La journée se passe à lézarder dans le calme et la volupté.

Petite trempette matinale dans la mer pour Paméla et moi, ballade dans le village et arrêt à Sobo Bade pour un jus de bouye délicieux et repos dans les hamacs au milieu du style rococo du lieu.

De retour à la maison, Ndeye nous a préparé un grand plat de crevettes à l’ail avec du riz et des légumes frais.

En fin de journée, nous nous installons dans une gargote devant la mer. Un monde incroyable s’y trouve dans une joyeuse cacophonie : tournoi de foot des filles.

Nous profitons de l’instant pour envoyer quelques messages.

Bess Bou Moudiou – Dernier jour

C’est notre dernière journée à Djarama, il s’agit donc d’être efficace car il faut finaliser la réorganisation des classes et faire plusieurs présentations de matériel.

Il est convenu que Danièle commence à présenter certains matériels au groupe des professeurs pendant que Paméla et moi terminons dans les classes. Ensuite, nous alternons, et c’est à moi de présenter du matériel des 6/10 ans. Nous terminons notre course entre les différentes classes à 13h30.

Déjeuner à Djarama le midi et nous rentrons sous une chaleur accablante qui nous paralyse quelque peu. Sieste pour toutes puis nous recevons Sabine et Affidi vers 17h pour un debriefing et faire le bilan du séjour.

Et voguent les pirogues,

 

Nous assistons au lever du soleil sur la mer, au loin un homme commence à faire son jogging, le jour se lève et les pirogues voguent en lançant leurs filets.

Retour à l’école où nous poursuivons l’installation des classes de Gaby, Yacine et Nganti. Il reste encore beaucoup à faire et nous repoussons la présentation du matériel Montessori à samedi.

C’est en passant toutes ces journées ici à Djarama que nous nous rendons compte à quel point l’organisation et la préparation d’une classe sont nécessaires pour une bonne utilisation du matériel et qui permettra la mise en place du travail autonome. Chaque matériel doit être à sa place accompagné de tous les outils nécessaires pour son utilisation.

Les heures passent à toute vitesse et nous sentons s’installer en nous une certaine frustration car il reste tant à faire…

A 13h30, nous devons arrêter de travailler car nous déjeunons avec Alessandro, Olivier, Sabine, Zeno et Sidonie. Nous passons un très agréable moment, plaisant et convivial. A 14h30, retour à la maison ; nous discutons un long moment pour faire le point de la semaine passée et faisons nos devoirs, Mame Mbodj et Ndeye nous aident à trier et tailler une centaine de crayon de couleurs !

Petit à petit l’oiseau fait son nid …

Arrivées à Djarama   l’équipe pédagogique nous attend et une nouvelle personne, Saliha, éducatrice spécialisée se greffe au groupe. Elle est intervenue à plusieurs reprises dans son parcours professionnel auprès des enfants défavorisés, maltraités ou enfants des rues, au Congo, en Roumanie puis au Sénégal.

Nous commençons par un tour de table pour que chacun puisse s’exprimer sur les notions vues depuis deux jours. En particulier, nous réabordons les questions sur l’harmonisation dans les classes et l’ambiance, le rôle de l’éducateur et l’importance des échanges interclasses. Nous nous appuyons bien sûr sur notre expérience mais aussi sur le livre de Philippe Meirieu « Maria Montessori : peut-on apprendre à être autonome ? ».

Les échanges sont plus spontanés, plus libres et riches. Avec Alain et Amy de l’école internationale de Popenguine, d’autres points de vue sont abordés et plus largement sur le développement de l’enfant. Nous découvrons avec beaucoup d’intérêt leur approche de l’autonomie grâce à la participation des élèves et des professeurs à certaines tâches quotidiennes de leur l’école. Affidi nous rejoint en cours de séance et participe au débat.

Nous déjeunons tous ensemble pour répondre à l’invitation d’Alexandro et l’équipe de Djarama. Au menu, délicieux thiéboudienne. Le repas est toujours aussi chaleureux et convivial autour du plat, le « bol ».

Il fait une chaleur accablante et rentrons faire une petite sieste puis Brain storming sur notre session du matin et préparation de notre intervention de demain.

Ce soir, spaghettis au calamars préparés avec amour par Ndeye et arrivée d’Amadou.

La case classe de Mamadou

De bon matin, nous sommes reparties à Djarama. Sur le site nous avons pu filmer l’évolution de la nouvelle classe en construction.

Les maçons ont été interviewés sur leur façon de procéder : les fondations en pneus, le montage des murs en latérite puis la charpente en petit bois recouvert de bâches en plastique et de paille.

Alexandro nous a rejoint et nous a donné de plus amples explications concernant la construction des différentes bâtisses à Djarama.

Nous rejoignons notre groupe de travail et commençons l’installation de la classe de CM1/CM2 de Mamadou. Nettoyage complet puis rangement du matériel sur les étagères. Tout le monde a participé aux diverses tâches, nombreuses et variées : tailler les crayons, trier, nettoyer, plastifier, massicoter et tout cela se passe dans la joie et la bonne humeur. Les échanges sont nombreux et Mamadou est jubile, ses yeux pétillent et il affiche un large sourire.

Marina, comme toujours, a remis en place les fichiers de maths, de langage, de biologie, de géographie de manière structurée sur les étagères. Elle n’omet pas de donner des explications complémentaires.

Peu à peu la classe s’est transformée, le temps est très vite passé et nous mettrons la touche finale demain matin. Il nous reste encore deux classes à réorganiser avant de terminer notre séjour.

Il fait cette semaine de plus en plus chaud et nous rentrons accablées par la chaleur nous reposer à l’ombre.

Ce soir, petite sortie prévue et derniers achats.

Et ça continue encore et encore

Et ce n’est que le début d’accord d’accord

Ce matin, sur la route de Djarama, Paméla nous raconte une histoire. Un riche Sénégalais, vivant en France et possédant une belle maison dans le village de Toubab Dialaw a un puits d’eau sur son terrain. Le soir on peut voir de nombreuses femmes venir rechercher leurs énormes bidons d’eau qu’elles ont déposés le matin vides et qu’elles viennent rechercher le soir, remplis gracieusement par le gardien sur la demande du propriétaire. Les expatriés Sénégalais en France mènent parfois des actions pour améliorer la vie quotidienne des gens de leur village d’origine.

Voilà une belle histoire qui a fait jaillir en nous une belle idée. Tous les matins, tous les soirs, tous les jours, nous passons devant le lavoir de fortune improvisé par les femmes du village. Elles sont autour du puits avec leurs grosses bassines de linge, tirant l’eau grâce à un seau, accroupies à même le sol pour le laver et cela en plein soleil. Il fait actuellement 30 degrés à l’ombre !!! Autour d’elles, jouent les enfants entre les chèvres et les déchets, surtout les sacs plastique.

Nous souhaiterions récolter des fonds pour installer un lavoir couvert par un toit. Un bassin lavoir à l’ancienne serait construit et une pompe mécanique permettrait de puiser l’eau.

Ni une ni deux, Danièle et Paméla se sont entretenues avec le frère du village, responsable de la propreté du quartier. Il s’est montré très à l’écoute et n’y est pas opposé, au contraire. A nous de monter le projet car il nous semble très important de donner un peu de confort à ses femmes.

Nous arrivons à Djarama et nous accueillons le directeur de l’école Française internationale de Popenguine, le coordinateur et son assistante et bien sûr, l’équipe en place.

L’objectif du jour : passer dans chaque classe, observer les étagères et le matériel, pour que dans toutes les classes il y est une cohésion dans le rangement et l’organisation.

Nous avons profité de la présence de nos visiteurs pour rappeler les fondements de la pédagogie Montessori. Nous avons fait un tour d’explication rapide sur le sensoriel, la vi pratique, les mathématiques et le langage dans la classe des 3/9 ans. Puis, nous avons fait de même pour chaque classe : observation des étagères, aménagement, conseils et réorganisation ont été proposés. De nombreuses questions ont été soulevées sur la manière de motiver un enfant dans ses apprentissages et quel matériel nous pouvons lui proposer pour passer du concret à l’abstraction.

La séance se termine vers 13h.

En rentrant, nous discutons avec le couturier ; il nous parle de l’école où se rendent ses enfants dans son village natal à 200km et nous explique les besoins de l’école pour répondre à l’éducation des enfants. Les 70 enfants sont accueillis en 3 groupes dans la même case avec 3 professeurs. Après réflexion nous envisageons de leur offrir quelques fournitures scolaires.

Notre soirée se termine par une nouvelle spécialité culinaire de Ndeye, pastels de thon, petites ravioles frites, accompagnées de crudités et d’une sauce haricots rouges. C’était délicieux.

Week-end bien rempli

De bon matin samedi nous reprenons le chemin de l’école pour rejoindre Nganti, la maîtresse avec qui nous rangeons la classe et réorganisons les étagères de matériel.

Cela permet à Nganti de refaire l’inventaire des différentes choses que nous avons pu amener depuis le début du projet. Quel travail magnifique, nous sommes toutes les trois très fières du résultat.

Fatiguées, nous prenons le chemin vers Keur d’azur, une table d’hôtes perdu dans la brousse, dominant un paysage magnifique de fleurs et de baobabs. La cerise sur le gâteau c’est la piscine dans laquelle nous nous prélassons avant de déjeuner de mets raffinés. Le luxe tout d’un coup, quel contraste !

Le soir, nous sommes allées faire quelques achats, escortées par Amadou puis sommes rentrées éreintées pour nous glisser sous notre moustiquaire.

Dimanche, nous étions invitées par Amadou à rencontrer sa famille qui habite à deux heures de là dans le village de Fissel. Sur la route, le paysage est superbe, des baobabs qui commencent à se couvrir de feuilles, des plantations de manguiers, des vaches, des ânes, des chèvres qui traversent et la police qui nous arrête 3 fois à l’aller et 6 fois au retour. Cela s’est bien passé à chaque fois. Nous avons traversé aussi plusieurs villes très animées dont Mbour, marchés, camions, bus…

A Fissel, nous avons été accueillies par Yacine, la femme d’Amadou qui est très souriante et gaie. Nous avons préparé le déjeuner, poulet grillé, riz, sauce Yassa, lait caillé vanille et thé. Nous espérons que nos estomacs résisteront, in shallah !

Superbe journée !

De retour à la maison, nous nous reposons car nous repartirons vers 23h30 à l’aéroport pour accueillir Marina. Nous sommes ravies qu’elle nous rejoigne.

Demain la semaine de formation démarrera.